Florence Plon Psychanalyste, journaliste, auteur formatrice à l'Institut Européen de Psychanalyse et Travail social Superviseur indépendant, membre de l'association A.S.I.E
Wilde Oscar
Enterré comme un paria au Père Lachaise en 1900, cet irlandais né en 1854 à Dublin était pourtant promis à un bel avenir. Sa mère l’élève comme la fille qu’elle n’a pas eue jusqu’à ses sept ans. D’une famille protestante, cultivée et aisée, après de hautes études de philosophie et de littérature, il se met à l’écriture dès 1881. Poète, journaliste, rédacteur de 87 à 88 pour un magazine féminin, conférencier sur l’art et l’esthétisme, il publie, en 1891 son fameux Portrait de Dorian Gray dont Gide avancera pourtant avoir préféré l’entendre dire par son auteur, plutôt que de le lire. Le dandy, qui met à mal la bonne société victorienne, voit déferler sur lui des vagues d’hostilité auxquelles il répondra par un « Il n’existe pas de livre moral ou amoral. Un livre est bien écrit ou mal écrit, un point c’est tout ». Il se lancera alors dans son œuvre théâtrale (L’importance d’être constant 1895). Homme de pensée et d’esprit, il critique violemment le capitalisme et ses excès, se faisant le chantre de préoccupations sociales et humaines. Son image de décadent, défrayant la chronique, et ses relations homosexuelles, finissent par l’amener en prison après un procès pour sodomie (sic) qu’il perd, et qui va le ruiner. Il y écrira, brisé, la célèbre Ballade de la geôle de Reading et une lettre De Profundis, pour son jeune amant, Lord Alfred Douglas, avant de finir sa vie en France, isolé et misérable, renié par sa femme et ses enfants. Il fut l’archétype de l’anti-Zola, l’opposant total au naturalisme, prônant l’art comme une recherche de raffinement et de beauté absolue. Sa pièce Salomé fut reprise par Strauss, et Dorian Gray mis en scène par Cocteau. Une biographie majeure lui est enfin consacrée par Richard Ellman, récompensée en 1989 par le prix Politzer.
Florence Plon