Florence Plon Psychanalyste, journaliste, auteur formatrice à l'Institut Européen de Psychanalyse et Travail social Superviseur indépendant, membre de l'association A.S.I.E
PLATON 428 à 348 av J.C.
Ses manuscrits ont traversé les siècles par l’entremise des Romains qui les ont recopiés, puis des Byzantins qui les ont conservés, avant qu’ils soient étudiés et retranscrits par les moines du Moyen-âge qui en enseignaient et discutaient les théories. Contemporain de la démocratie athénienne, Platon vécut très âgé. Il s’était destiné à la politique et aux arts, mais vint à la rhétorique par l’entremise de Socrate, à la mort duquel il tentera d’implanter, sans succès, ses idées politiques « le savoir et l’amour de la vérité », à Syracuse auprès de Denys I, puis Denys le Jeune. Il fut le fondateur de la philosophie, ayant créé la première école où se formera, entre autres, Aristote. F.P.
Le Banquet
De l’amour de la sagesse à la sagesse dans l’amour, il n’y a qu’un pas que Socrate franchit allègrement. Il est le guide qui conjugue dialectique et érotisme et se fait aimer de ses disciples. Ceux-ci cherchent, à travers lui, la beauté spirituelle, l’objet de fascination qui est en lui ou, pour le dire autrement, le manque en lui, qui les subjugue. Socrate ou l’ancêtre des psychanalystes… Lacan, en 1960, alors que l’homosexualité est encore loin d’être dépénalisée, reprendra le dialogue avec Socrate, du Banquet, à travers une analyse minutieuse des corrélations entre amour, amour du beau, et amour de transfert, dans son huitième Séminaire, où il expliquera que dans la Grèce antique, la perversion n’était là considérée que comme un produit de la culture. « L’amour grec, il faut bien vous faire à cette idée, c’est l’amour des beaux garçons… »
En 2016, le dessinateur Patrick Chambon retravaille, dans une bande dessinée de grand talent, le thème d’un banquet où seraient invités, au séminaire de Lacan, dans un amphithéâtre imaginaire, les penseurs d’hier et aujourd’hui autour des interprétations du texte de Platon sur l’amour. Qu’elle est cette problématique sur laquelle Socrate prétend détenir un savoir ? Comment transposer la relation entre Erastes et Eromenos, le sujet du désir et l’objet du désir, dans le champ de la relation amoureuse, du transfert, de l’homosexualité ? Si aimer « c’est donner ce que l’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas », comment ordonner autour du manque et de la sublimation, cette confusion ? Les questions traversent les siècles dans un labyrinthe de malentendus et le mythe d’Aristophane et du rapport de complétude a encore de beaux jours devant lui. F.P.