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Florence Plon Psychanalyste, journaliste, auteur formatrice à l'Institut Européen de Psychanalyse et Travail social Superviseur indépendant, membre de l'association A.S.I.E

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Villon

Villon François (1431-1463)

Il hanta les bas-fonds du Quartier latin où il était étudiant, il fut criminel ou malchanceux, balloté entre les exactions du clergé et les débauches des prostituées, habitué des tavernes et des bouges, comme des embrouilles de la cour. Ses œuvres furent rééditées par le poète Clément Marot, en 1533, à la demande de François I°. Et il fut relu par Victor Hugo, Gautier, Paul Valéry ; Rabelais fait allusion à lui, dans Pantagruel et Gargantua. On connaît cependant assez mal sa biographie. Même son nom ne lui appartint pas, emprunté à son tuteur et mentor. Errant de geôle en geôle, banni par le Parlement, dix années durant, dès 1463, le mauvais garçon, voyou, criminel, voleur, qui défrayait la chronique, malfaiteur ravagé par le malheur et la pauvreté, fut, de toute évidence, le poète de Paris. Torturé, soumis à la question, on perd sa trace après sa sortie de prison. Il a aimé les femmes, surtout les filles de joie, mais a pu rester très équivoque sur la nature de ses relations avec des hommes. Cette consonance homosexuelle a échappé aux exégètes. La sodomie étant un acte répréhensible à l’époque médiévale, les coupables finissaient au bûcher. Il a donc pu être un homosexuel actif. Mais pour éviter la censure de l’Église, Villon écrivait certains poèmes en jobelin – un jargon fait de termes anodins, jouant sur un double sens qui masquait la connotation homosexuelle de ses poèmes. Il pouvait ainsi, par ce subterfuge, afficher une différence revendiquée. Les ballades en jargon furent traduites en argot par Thierry Martin qui en livre une interprétation clairement homosexuelle. Il n’est certes pas exclu qu’il fût trousseur de jupons, mélangeant, dans son vocabulaire, érotisme et sodomie. Puisque chacun doit finir dans la pourriture, pourquoi ne pas se raccrocher aux plaisirs du sexe ? Il prit donc le contre-pied de l’amour courtois, encensant la vie réelle, ses joies et ses plaisirs, avec un vocabulaire grossier et volontairement choquant, mais resta un humaniste, évoquant son obsession constante de la déchéance dans la vieillesse et la mort, sa prémonition du gibet et des malheurs. Le lien étroit qu’il établissait entre les événements de sa vie et sa poésie, l'amenait à laisser la tristesse et la nostalgie dominer ses vers. La précarité était sa marque, dans un monde où « vivre aux humains est incertain ». F.P.

Poètes et romanciers du Moyen-Age, Gallimard, Pléiade, 1952.

Genre : poésies

Son art rencontre la plénitude du génie. « Frères humains qui après nous vivez… » Il ne cède pas à la compassion sur lui-même, mais utilise au contraire l’ironie et l’humour macabre dans une langue vivante, riche et drue dont les vers sont rythmés avec harmonie et grâce. Il cède volontiers à la description burlesque ou à la paillardise, multiplie les innovations de langage et use des deca et octosyllabes, dans cette petite œuvre de trois mille vers, à l’apparente désinvolture, qui renverse, fondamentalement, les valeurs admises.

 

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